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Société culturelle et partenariat public-privé

Un partenariat public-privé (PPP) permet à la personne publique de faire appel à l’initiative privée pour le financement, la conception, la construction, l’exploitation, la maintenance d’ouvrages ou la fourniture de services d'utilité publique. Finalisée dans un contrat global de longue durée, la coopération est basée sur le principe de la répartition optimale des coûts entre les partenaires et la gestion contractualisée des risques financiers et techniques. Elle s’applique notamment aux domaines du transport, de la santé, de l'éducation, de la sécurité, de la gestion des déchets, de la distribution de l'eau, du logement social, de l’immobilier, de l’information, du loisir et de la culture. Aujourd’hui, des modèles types de PPP s’inscrivent dans chaque législation, politique et gouvernance et répondent aux circonstances de chaque projet, qu’il soit national, régional ou local. Ils ont en quelque sorte remplacé l’attention accordée à la notion de privatisation au cours des années 1980 et au début des années 1990, offrant un compromis entre un État providence et une privatisation intégrale. Les projets culturels en PPP s’inscrivent généralement dans un programme plus vaste d’insertion urbaine et économique et d’intervention sur les espaces publics et les quartiers d’habitat. En fait, ils représentent souvent la pièce maîtresse de la requalification économique, sociale et urbaine d’un secteur.

Le Royaume-Uni reste un pionnier en matière de PPP. Son modèle d’initiative de financement privé – Private Finance Initiative, ou PFI – créé en 1992 permet à l’État britannique de réaliser une partie de ses investissements publics en partenariat avec le secteur privé. Les projets PFI dans le secteur des loisirs et de la culture démarrent lentement en comparaison d’autres secteurs, malgré l’appui du Department of Culture, Media and Sport. Ils concernent principalement les bibliothèques et centres culturels mais aussi le théâtre, la muséologie et d’autres équipements ou services culturels susceptibles d’être soutenus par le gouvernement central. La France, qui se basait sur le régime des marchés publics et des concessions, compte depuis juin 2004 sur une nouvelle forme de partenariat public-privé inspiré du PFI britannique : le Contrat de partenariat. Ce dernier ouvre la voie à un financement privé des entreprises publiques, notamment pour l’intérieur, la justice et la défense, mais aussi pour la culture. Dans ces deux pays, le financement de la culture par les PPP demeure marginal dans la mesure où une part considérable du financement culturel émane toujours directement de l'État, à l'opposé des États-Unis où l'aide financière des autorités publiques ne représente qu’une infime partie des revenus des organismes culturels, le secteur privé comblant à lui seul une bonne partie de leurs besoins financiers. Au Québec, les intentions du gouvernement provincial de mettre en œuvre la Politique cadre sur les partenariats public-privé et d’accroître les investissements privés dans le domaine de la culture avec Placements Culture laissent présager une utilisation accrue des partenariats public-privé et une application du modèle au secteur culturel.

Certains pays, comme le Royaume-Uni, ouvrent pourtant la voie à d’autres solutions en mettant l’accent sur l’aspect communautaire, les formes de solidarité domestiques, associatives ou institutionnelles et sur les actions des minorités ethniques.

Laure Monville

Des partenaires fidèles : la clé du succès de la JDMM

La Journée des musées montréalais (JDMM) célébrait cette année sa 19e édition en s’offrant un nouveau record d’affluence avec près de 125 000 visites dans les institutions participantes. Lancé avec 6 musées en 1987, l’événement regroupait 33 musées en 2005. Pour qu’une telle croissance – tant en nombre d’institutions participantes qu’en participation du public – soit viable, l’événement se devait de trouver des partenaires financiers et de service fidèles, ce qu’il a réussi au fil des ans.

Les partenaires publics ont rapidement reconnu le pouvoir rassembleur de l’événement et le soutiennent depuis de nombreuses années. Nommons ici le Service du développement culturel, de la qualité du milieu de vie et de la diversité ethnoculturelle de la Ville de Montréal, le Bureau des festivals et événements de la Ville de Montréal, le Conseil des arts de Montréal, le ministère de la Culture et des Communications du Québec et Patrimoine canadien.

Du côté des partenaires privés, la Fondation American Express fut le premier commanditaire majeur. Elle accepta de se joindre à l’événement en 1997, pour une durée de 3 ans. L’entente fut renouvelée en 2000, 2001 et 2002, étant alors négociée chaque année. La Fondation American Express bonifia sa participation en 2001, majorant le montant offert pour les 2 dernières années de sa commandite. En plus d’une somme permettant de couvrir une partie des dépenses logistiques et promotionnelles liées à l’événement, la Fondation American Express offrait à ses détenteurs de carte des offres exclusives, le jour de l’événement seulement : une réduction de 20 % sur tout achat dans les boutiques des musées participants ou sur un abonnement à un programme d’ami du musée ainsi que 2 salons VIP pour se détendre et prendre un léger goûter. Elle organisa aussi en 2002 une soirée spéciale au Musée des beaux-arts de Montréal à l’intention de ses clients privilégiés.

Tout au long de cette association avec la Fondation American Express, l’événement a connu une croissance soutenue de la fréquentation. Cependant, lorsque la Fondation modifia son plan de commandite au cours de l’année 2002, la Société des directeurs des musées montréalais se trouva dans l’obligation de s’associer à un nouveau partenaire privé d’importance pour la Journée des musées montréalais. Grâce au dynamisme du comité organisateur de la JDMM et au soutien des membres du comité exécutif de la SDMM, Quebecor inc. devint en 2004 le nouveau commanditaire principal de la Journée des musées montréalais. Après une première année fructueuse d’un partenariat ayant permis à l’événement de franchir le cap des 120 000 entrées, Quebecor inc. renouvela l’entente en 2005 et ce, pour une durée de 5 ans. L’entreprise assure ainsi une stabilité financière, promotionnelle et logistique à la JDMM avec un plan de commandite annuel :

  • placements publicitaires, reportages et encartage dans les médias électroniques et écrits de Quebecor inc. ;
  • diffusion du matériel promotionnel dans certaines succursales de l’empire Quebecor ;
  • production d’une publicité télé de 30 secondes ;
  • impression du matériel promotionnel ;
  • soutien logistique.

Forte de cette association qui donne à l’événement une plate-forme promotionnelle incroyable, la Journée des musées montréalais est assurée d’un succès de participation de la part des citoyens de la métropole.

Outre Quebecor inc., la JDMM a aussi bénéficié du soutien financier de deux commanditaires collaborateurs, soit Alcan et L.M. Sauvé. Par cet apport d’argent neuf, ces partenaires privés ont permis, en 2004 et 2005 respectivement, d’absorber une partie des frais de production de l’événement, la participation des partenaires publics et les cotisations des musées couvrant le solde.

Avec la JDMM, les musées montréalais peuvent se targuer d’avoir mis sur pied un événement qui se compare avantageusement à d’autres grandes manifestations culturelles, tant montréalaises que nationales et internationales. À titre d’exemple, la Nuit des musées, qui se déroulait dans la nuit du 14 au 15 mai 2005 dans 30 pays d’Europe et dans 1 200 institutions muséales, a attiré au total 1 000 000 de visiteurs, soit une moyenne de 833 personnes par musée. En comparaison, la Journée des musées montréalais 2005 a pour sa part attiré en moyenne 3 787 visiteurs par musée ! Et le modèle intéresse de plus en plus de villes canadiennes et américaines. Un beau succès dont nous pouvons être fiers !

Brigitte Dubé
Les PPP, version musées, par Jean-François Leclerc

© Société des directeurs des musées montréalais, 2004